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  • laptiteaudrey
  • : C'est une apostrophe, une consonance semée d'épilogue, le graffiti de ma vie, une tâche d'ancre, un peu de mes pensées oniriques, un regard intrigué, une dose de folie ! Mon blog est un peu de tout cela !

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  • "Cap sud sud ouest..." ordonna le commandant de bord.

Je me réveillais au milieu d'un océan voilé, dans des draps blancs de satins drapés à la manière de vagues. Je sentais le souffle du large se poser au creux de mon cou. Je ressentais un sentiment de liberté et paix intense. Aucune terre à l'horizon. Je gardais les yeux fermés comme pour me concentrer sur cette essence unique et garder toute la quintessence de ce moment. Mais peu à peu la mer m'emportait pour une destination inconnue. Je retournais alors dans un sommeil profond et paisible malgré que la mer était agitée. Je n'aventurais sur le pont et mon regard se perdait sur la courbe de l'horizon, sur la limite du monde. Je m'étais dis, alors : « C'est peut être tout simplement ça ma destination : le bout du monde... Mais qu'es-ce qui m'attends là-bas ? » A ce moment précis, un vent chaud vint s'engouffrer dans les voiles, et me fit presser l'allure. Il était à la fois tentateur, doux et réconfortant. Sa caresse me soulagea de toutes les peurs qui pointées dans mon esprit. Il gonfla mon coeur de courage. A ce moment précis, je n'étais sûre que d'une seule chose, il fallait que j'aille au bout de monde, car quelque chose extraordinaire m'y attendait. Les vagues s'écrasaient sur la proue du navire, comme pour essayer de me retenir. Mais ma détermination était si grande, que même si le navire avait coulé, j'y serais allée à la nage. Je pris alors la décision de garder le cap, le coeur léger et l'esprit serin.

 

Il me fallu plusieurs jours, pour apercevoir les premières côtés de cette terre promise. Mon coeur su alors à la simple vu du port de Toulon, qu'il avait enfin trouvé sa place. Le navire accosta et resta ancré dans les eaux du port durant deux semaines. Chaque découverte que je fis dans Toulon ou ses environs faisait vibrer mon coeur un peu plus. C'était un endroit magnifique. Il m'arrivait de passer de long moment à admirer les milles et une merveilles du paysage, à faire la connaissance des habitants de ce village de pêchers et à me perdre dans ses recoins les plus sombres jusqu'à en être ivre. J'étais séduite par toutes les coutumes et les habitudes des citoyens de cette contrée.

 

Un jour, alors que je me promenais le long des plages de galets, une vieille dame vient me parler : « Vous avez l'air subjugué par les beautés de ces lieux... Mais prenez garde, pour l'instant vous ne voyez que la belle enveloppe de chaque chose implantée ici-bas. Mais viendra un jour où votre coeur se rendra compte que ce lieu ne vaut pas tout l'amour que vous lui portez. Viendra un jour, où vous vous rendrez compte que ce paradis magique, n'est qu'un vulgaire port de pêche et qu'il ressemble à tous les autres. J'étais comme vous lorsque je suis arrivée, désormais je ne rêve que tu moment de reprendre le chemin des mers... » Je n'eus pas le temps de dire un mot, qu'elle avaient déjà disparut... Mais les paroles de la vieille femme ne cessèrent de raisonner dans ma tête.

 

Puis, une fois les deux semaines écoulées, je dus reprendre le large. J'ai alors quitter le port auquel mon coeur était attaché, pour accomplir une mission dans une destination lointaine. Mais au plus je m'éloignais de Toulon au plus mon coeur ressentait le manque de ses plages de galets, du parfum de ces ruelles qui fourmillaient telles des artères et de la douceur des rayons du soleil qui illuminaient le coeur de la ville... Alors lorsque le manque était trop grand, je repensais parfois aux paroles de la vieille femme de Toulon : « Viendra un jour, où vous vous rendrez compte que ce paradis magique, n'est qu'un vulgaire port de pêche et qu'il ressemble à tous les autres. » Instantanément, mon coeur ne pu s'empêcher d'esquisser un sourire. Ces paroles ressortaient alors rapidement de mon esprit car mon coeur reprenait le dessus sur la tête.

 

Durant toute la durée du voyage, l'équipage me compta d'innombrables histoires à propos de notre destination : Eden. Certains me décrivaient cet endroit comme étant le paradis terrestre, une douce gorgée de sirop pour la toux, d'autres le port de tous les possibles où l'amour est roi et où la loyauté est reine. Tout l'équipe était excité d'arriver à bon-port. Une fois l'ancre jetée sur les rivages d'Eden, j'accordais qu'on puisse trouver que l'endroit été beau. Mais, même après plusieurs jours passé dans ses ruelles, Eden n'avait pas l'âme de Toulon.

 

Pendant que l'équipage s'enivrait dans les bars en charmante compagnie, moi je me promenais sur la jetée : pour contempler le ciel. Rester assise, là, et rêver de prendre les ailes des mouettes, qui se jouaient des pêchers, pour ensuite traverser les océans et les mers, pour retrouver le port de mon coeur. Nous étions restés à Eden durant deux semaines, qui m'ont semblé être une éternité. L'air de la cité me paraissait trop chaud, lourd et le parfum de ses ruelles ressemblait à celui de tous les ports. On pouvait sentir les embruns de la mer, agrémentés des effluves des produits de la pêche du matin. Une fois les deux semaines presque arrivaient à terme, je ne trouvais plus le sommeil tellement l'excitation de retrouver le port de Toulon était forte.

 

On reprit le large, l'équipage était triste de quitter leur paradis. Seulement la moitié se présenta le jour du départ. Les autres avaient pris la décision de rester dans le port de leur coeur. Même si je ne partageais pas leur tristesse à cet instant précis, je l'ai comprenais. Car j'avais ressenti la même douleur du coeur deux semaines auparavant. Je ne pouvais pas être furieuse de la décision que certains avaient prise, car si j'avais eus le choix la première fois j'aurais agis de la même manière. Le voyage fut beaucoup plus long que la première fois à cause de la diminution de l'effectif de l'équipage. Mais le navire était transporté par tous les vents, aussi bien que j'avais l'impression que le navire avait des ailes. Après quinze jours de voyage, je n'arrivais plus à dormir, je restais sur le pont pour guetter ma terre promise, mon paradis terrestre.

 

Lorsque les premières côtes étaient à portée de vue, les battements de mon coeur doublèrent en intensité, je ressentais mon pouls dans chaque partie de mon corps, j'arrivais déjà à sentir le parfum des ruelles... le goût de la bouillabaisse... Alors je fus pris par un élan d'amour, et mon coeur cria : « Toulon, Ville de mon coeur et paradis de mon âme... Je t'aime Toulon, je t'aime... » Nos retrouvailles déclenchèrent en moi encore plus de joie et d'ivresse que la première fois où j'avais aperçu ce rivage. Il n'y avait pas de doute, j'arrivais dans le port auquel était attaché mon coeur et je ne le quitterais pour rien au monde. La vieille femme avait tord, c'était une certitude inébranlable que je ressentais au fond de mes entrailles.



* * * * * * * * * *

 

Depuis, chaque jour, je reviens sur le port, et je m'assoies prés de la jetée à quelques mètres de mon navire et mes yeux se fixent sur l'ancre à moitié enlisée et recouverte d'algues. Désormais, mon géant des mers fait parti du paysage de Toulon, et participe à la magnificence de ce paradis terrestre au bord des mers de mon enfance.

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