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  • laptiteaudrey
  • : C'est une apostrophe, une consonance semée d'épilogue, le graffiti de ma vie, une tâche d'ancre, un peu de mes pensées oniriques, un regard intrigué, une dose de folie ! Mon blog est un peu de tout cela !

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Je ne sais pas vraiment comment je suis arrivée sur ce lit. A vrai dire, je ne me souviens de pas grand chose à part d'images et d'impressions qui viennent et repartent comme des flashes.


Mais un jour, je suis rentrée par les grandes portes de cet hôpital... C'était si grand et loin de la maison que je n'étais pas rassurée, mais mes parents étaient là. Une dame est alors venue me voir et m'a alors proposée de me montrer ma « nouvelle chambre ». Je savais que je devais me faire opérer. Je savais également que c'était sérieux mais je préférais le prendre comme un jeu plutôt que de penser que j'allais passer sur la table de billard, avec tout ce que cela comprenait... On m'avait expliquer ce que les chirurgiens allaient me faire pour que j'aille mieux et dans un élan d'optimisme ou de naïveté, je n'étais pas inquiète outre mesure, mais rassuré au contraire. Car même si je ne comprenais pas tout, je savais que je pouvais leur faire confiance et que dans tous les cas, ils feraient de leur mieux et que tout irait bien. Naïveté dû à mon jeune âge, ou mon instinct ? Je pensais que j'avais connu ce que c'était la Douleur et je n'imaginais pas vraiment comment elle aurait pu être plus intense. Alors dans ma tête, après l'opération, ça n'aurait était que mieux. Je sais maintenant que j'ai réagi de la meilleure manière.


Je suis loin de mon lit et de ma chambre, mais tout le monde est adorable avec moi. Ils me rassurent, s'occupent de moi et me font rire... Alors les piqûres et les soins passent beaucoup plus facilement. Je n'y pense même pas. Au fil des jours, j'ai de plus en plus l'impression d'avoir une sorte de deuxième maison, avec une famille supplémentaire et de nouveaux amis. Mais ma véritable famille me manque, malgré tout ce que les infirmiers font pour distraire mon esprit et les nombreuses visites que je reçois. Il y a d'autres enfants dans les chambres à côté. Il m'arrive d'en entendre certains se plaindre dans la nuit car la douleur les a tiré de leur rêve. L'infirmière vient alors à leur chevet et les soulage. Puis, ils se rendorment plus ou moins facilement. L'après-midi, il nous arrive de nous retrouver dans la salle de jeux. Alors, la doulelur fait place aux rires ; on est heureux, tout simplement, loin de notre lit. La journée passe alors plus rapidement.


Une après-midi, j'avais trouvé dans la malle, un jeu me permettant de créer mille et une tenue et de devenir la nouvelle « Nina Ricci ». Alors comme Olivier, je crée mes modèles de mode et modèle les tops. J'y ai pris goût. Lorsque j'y joue, le noir devient lumière et j'apporte de la couleur à mon univers, grâce mes crayons de couleur. Les pastels et mon imagination me libèrent de cet univers hospitalier blanchâtre. J'imagine alors que chaque infirmière seraient des tops modèles qui porteraient mes créations. Elles seraient magnifiques et défileraient une à une dans ma chambre comme sur un podium.


Parfois j'ai l'impression que tout est possible, que tout peut arriver. Il suffit d'y croire. Tout comme Olivier Theyskens, je rêve souvent que je transforme le noir en une matière plus lumineuse que le blanc. C'est ma force : voir de la lumière dans les moments qui peuvent paraître sombres. C'est cette force qui me permet de voir des choses que les autres ne peuvent voir dans l'obscurité, lorsque la nuit tombe sur l'hôpital de mon enfance.



Publié dans : L'hôpital de l'enfance - Ecrire un commentaire - Voir les commentaires

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