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  • laptiteaudrey
  • : C'est une apostrophe, une consonance semée d'épilogue, le graffiti de ma vie, une tâche d'ancre, un peu de mes pensées oniriques, un regard intrigué, une dose de folie ! Mon blog est un peu de tout cela !

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Hier après-midi, je n'ai pas eus le droit d'aller jouer dans la salle de jeux avec les autres enfants. Le médecin est venu me voir en urgence, car la douleur ne cessait d'augmenter dans mon petit corps. J'ai que 3 ans et demi et pourtant lorsque la douleur se manifeste j'ai l'impression d'avoir déjà connu ce que c'est lorsqu'on vous plante un couteau dans le ventre et qu'on le remue dans tous les sens... J'ai alors la sensation que tout un pan de mon corps est contracté sous l'effet de la douleur qui s'immisce comme des aiguilles d'acupuncture.


Hier après-midi, c'est cette même douleur qui est venue s'établir dans mon corps âgé de 3 ans et demi. J'étais très inquiète, même morte de trouille... Mais ça y ait, c'était le moment de passer sur le billard. J'aurais donné n'importe quoi à ce moment précis, où le médecin est venu me l'annoncer, pour perdre cette fichue partie de billard et devoir passer sous la table. J'aurais était si bien cachée que j'aurais pu échapper au bistouri. Mais, tout le monde était tellement gentil et aux petits soins avec moi... Ils apaisaient mes angoisses.


Malgré la petite appréhension qui grandissait, je gardais toujours confiance en l'équipe chirurgicale qui allait s'occuper de moi. Je ne sais pas si c'était naïf de penser qu'ils ne me voyaient pas seulement comme un corps qu'il fallait réparer en lui enlevant quelques boulons défaillants, mais comme une personne pour qui, malgré tout, ils s'étaient attachés. En tout cas, le contraire était pour moi une évidence, je m'étais vraiment attachées à eux et je leur faisais confiance. Mais, faire confiance, dans un hôpital, cela signifie, enfiler une sorte de robe bleu, mode sac poubelle déchiré, qui n'a pas pour qualité première ni de camoufler les arrières, ni de tenir chaud, alors je comprends que certains aient des rétissances. « Et hop !!! », l'infirmière est venue me chercher : « Aller en voiture mademoiselle, on va dire au revoir aux bobos et puis... Ne t'en fais pas tes parents ne seront pas loin, tu les retrouveras dès ton réveil. » Etonnée, je lui ai demandé : « Je vais devoir dormir longtemps, parce que... j'ai déjà fait une sieste et je pense que je vais avoir du mal à me rendormir tout de suite... » L'infirmière me sourit et me répondit: « Tu vas voir, l'anesthésiste est un véritable magicien. Tu n'auras pas le temps de compter jusqu'à 10 que tu seras déjà endormi. » Comment ça pouvait être possible ? Habituellement, je mets plus d'une demi-heure à m'endormir... Alors comme elle a vu que j'étais un peu septique, elle me proposa un pari : « Si tu arrives à compter jusqu'à 10 ou plus, alors je t'offrirais une peluche, et si tu n'y arrives pas, tu me feras un joli dessin à ton réveil. D'accord ? » Ni une, ni deux, j'ai accepté et nous voilà parti dans le couloir pour arriver dans la salle d'opération. Au moment d'ouvrir les portes du bloc, j'ai regardé l'infirmière et lui ai demandé :


« C'est quoi ton prénom ? Pour que je puisse le mettre sur le dessin.

  • ...mais, tu n'as pas encore perdu le pari, me dit-elle en souriant.

  • Je sais... Je n'en ai pas l'intension ! Mais dans tous les cas, je te ferai un beau dessin à mon réveil. »

Alors, émue, elle me répondit tout simplement : « Merci ».


Une fois les portes refermées, l'anesthésiste est venu près de moi :

« Alors demoiselle, comment te sens-tu ? Tu n'as pas trop froid ? » et me murmurera à l'oreille : « Si tu as froid, j'irai te chercher une couverture bien chaude » et ponctua sa phrase par un clin d'oeil. Alors tout doucement, je lui ai répondu « oui » pour éviter que les autres n'entendent. Il me prit la main et me dit : « Tu sais ce qu'on va faire ? D'abord, je vais t'endormir et à ton réveil, tu auras une couverture toute chaude tout autour de toi. » Je lui fis signe que j'étais d'accord et il me mit délicatement un casque sur le visage en me disant :

« Au fait... J'ai un secret. Tu veux que je te le dise ? ».


Je lui ai fait signe de s'approcher et je lui ai répondu dans un murmure :

« Ce n'est pas la peine, je sais que tu es un magicien. »


Alors l'anesthésiste, resta mué et me fit un nouveau clin d'oeil. Mes paupières commençaient à être lourdes...



« Oups ! J'allais oublier : 


un... deux.... trois..... quatre...... cinq....... (résiste !)    
siix......... septtt......... huiiit.......... (encore un petit effort !)    
neeeeuf........... di.............. (...)
» 



Publié dans : L'hôpital de l'enfance - Ecrire un commentaire - Voir les commentaires

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